Charlotte ou la pression d’une dépression

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Dépression Charlotte

Anecdote : Charlotte ou la pression d’une dépression

Nous sommes au mois de Juin, un magnifique soleil illumine cette belle journée d’été. Il est 14h00 lorsque je reçois de la part d’un de mes anciens coach sportif un message pour me demander si je pouvais aider une de ses clientes (Charlotte) à retrouver du travail. Elle souhaite notamment avoir des conseils sur son CV et sa capacité à mieux communiquer en entretien. Cette nouvelle me surprend dans un premier temps car mon coach sportif est lui-même coach et dispose à mon sens, largement de la capacité pour accompagner des personnes sur ce type de problématique. Mais je prends cette nouvelle sans à priori et décide de chasser les pensées parasites en répondant volontiers présent et manifester ma disponibilité pour l’aider à la hauteur de mes compétences. La raison communiquée pour laquelle mon coach a pensé à moi c’est parce que Charlotte avait suivi à peu près le même parcours que moi au niveau études à travers le management de la qualité. J’accepte donc en lui donnant mon accord pour communiquer mon numéro. Je conviens d’un rendez-vous téléphonique en fin de journée juste après ma journée de travail pour pouvoir échanger avec charlotte sur mon trajet de retour. Il faut savoir qu’à cette époque je travaillais à 60 km de chez moi et mettais environ 1 heure et demie pour rentrer à mon domicile. Par conséquent je comptais mettre à profit ce temps de trajet pour pouvoir répondre à cette demande.

Charlotte m’appelle puis rapidement m’expose de manière assez claire sa situation et m’envoie son CV par mail durant notre discussion. Après une activité professionnelle en tant que technicienne en laboratoire, Charlotte décide à l’âge de 35 ans de donner un autre souffle à sa carrière en changeant de domaine et apprendre un nouveau métier. Intéressée par la qualité et le management des processus, elle se forme et parvient à décrocher un nouveau diplôme. S’en suit une période de recherche puis elle signe pour un CDD de 1an dans une petite société puis pour souffler à la suite de cette période stressante elle s’offre un voyage de 6 mois en Irlande pour apprendre l’anglais. Charlotte a maintenant bientôt 40 ans, elle est consciente du sacrifice qu’elle avait fait pour donner une nouvelle orientation à sa carrière et aujourd’hui elle désire plus que tout retrouver un emploi en adéquation avec son dernier diplôme. Charlotte envoie de multiples candidatures et parvient même à être reçue en entretien. Toutefois malgré tous les efforts qu’elle déploie elle ne réussit pas à convaincre les recruteurs et à décrocher un emploi. Désespérée, c’est dans ce cadre qu’elle prend contact avec moi pour l’aider dans sa problématique.

J’ai au bout du fil une personne dynamique, qui s’exprime très bien et structurée dans sa présentation.
De prime abord, je ne vois pas où le bât blesse. En effet, comment se fait-il qu’avec un profil comme le sien elle rencontre ce genre de difficultés…
Je reviens sur son parcours et plus particulièrement sur la période qui suit son voyage linguistique. Je constate que sur son CV il y a clairement un trou de 1,5 ans entre son retour d’Irlande et aujourd’hui. Je l’interroge sur cela, elle me répond de manière très froide et incisive : « je ne veux pas en parler, c’est personnel ». Je lui fais part de ma compréhension, si elle ne désire pas parler sur cette période de sa vie, cela la regarde et je respecte son choix. Cependant, j’attire également son attention sur le fait que les recruteurs n’aiment pas trop les trous noirs dans les CV et qu’il serait bon pour elle d’être au clair là-dessus.

Charlotte finit par me confier qu’au retour d’Irlande elle était tombée dans une sévère dépression qui a duré 1 an et demi.
Pour se réconcilier avec cette période difficile et lui offrir un recadrage et un regard nouveau je pose à Charlotte deux questions :

  1. Est-elle sortie de chez elle durant sa dépression ?
  2. A-t-elle été accompagnée pour en sortir ? (dit autrement a-t-elle consulté un psy ?)

Aux deux questions, la réponse est OUI.

Ainsi, je propose à travers ces deux questions anodines une nouvelle lecture des événements :
Charlotte n’est pas restée cloîtrée, dépressive, confinée chez elle pendant 18 mois ! Elle est sortie, s’est reposée aussi, a certainement travaillé un peu l’anglais qu’elle a appris en Irlande …d’ailleurs à ce  moment elle me confie y être retournée pour 3 semaines durant cette période.
Le recadrage que je lui propose est de considérer cette période comme une période de séjour linguistique étalé dans lequel elle a également pris du recul suite à la période stressante qu’elle a vécue et s’est offert également du coaching personnel (comprendre le psy) pour affronter au mieux sa nouvelle carrière !
A cet instant une nouvelle Charlotte est au bout du fil, les larmes aux yeux elle est heureuse de pouvoir voir cette période autrement que sous la forme d’une dépression.
Elle me remercie infiniment de pouvoir maintenant aborder ses entretiens de manière plus sereine et apaisée.

Je raccroche, il me reste à peine cinq minutes de trajet pour arriver à mon domicile.
Pendant que nous dînons avec mon épouse je lui raconte mon appel tel que je viens de vous le raconter. A cet instant mon téléphone émet une sonnerie, je viens de recevoir un SMS.

C’est Charlotte.

Elle me remercie encore de notre échange et pour me remercier davantage elle m’invite au théâtre pour le lendemain !

Ah j’ai oublié de vous dire c ’est ma femme qui ouvre et me lit le SMS

Je réponds le lendemain à la cliente brièvement en déclinant l’offre et lui souhaitant une bonne continuation.

Analyse et Apprentissages :

Ne pas trop donner gratuitement

C’est fou de dire cela mais l’être humain en général ne comprends pas une générosité.
Le piège : c’est qu’au moment où j’interagis avec Charlotte je suis dans mon excellence telle que la qualifie Joël Guillon*
l’excellence est cet état de Flow (cf. Eric Behanzin) dans lequel vous faite une action qui pour vous est :

  • Facile
  • Dont vous êtes satisfaits du résultat (ainsi que les autres)
  • Dans laquelle vous prenez du plaisir

Et c’est bien là le problème ! A la fin de notre discussion j’ai envie de remercier Charlotte de m’avoir appelé car j’ai pris du plaisir à l’aider. Cela peut vous paraître peut-être étonnant si vous n’êtes pas familier avec ces concepts mais c’est ce que j’ai ressenti : du bien-être. En effet pour moi ce type d’échange est source de plaisir et je n’ai pas l’impression de travailler. Pour les autres c’est peut-être énorme ce que je leur apporte en ces moments-là alors que pour moi ce n’est rien du tout, je pensais même autrefois que les gens qui me remerciaient énormément après les avoir coachés exagéraient ! je pensais qu’ils disaient des compliments uniquement parce qu’ils étaient gentils 😊

Développer la pleine conscience de ses atouts

C’est fou de ne pas être conscient de ses forces et de son potentiel. Cela m’a pris du temps avant d’en être parfaitement conscient et aujourd’hui de connaître mes forces et mes qualités et ainsi m’auto-évaluer à ma juste valeur. Cela concourt à une saine estime de soi et par conséquent joue sur la confiance en soi.
Les autres perçoivent chez vous les forces que vous ne voyez pas vous-mêmes !
Quand mon coach m’a contacté, il cherchait quelqu’un pour aider Charlotte. Pourquoi a-t-il pensé à moi ? Pourquoi ne l’a-t-il pas orienté vers un coach en transition professionnelle ou en bilan de compétences ou vers une DRH ?
Il a vu en moi des compétences particulières qui me permettraient d’aider Charlotte.
Qu’elles sont-elles je l’ignore, je n’ai malheureusement pas demandé à mon coach pourquoi a-t-il pensé à moi pour aider sa cliente dans sa problématique. La raison « officielle » et « rationnelle » est qu’elle est diplômée dans le management de la qualité et moi aussi. Mais est-ce la VRAIE raison, il est important dans ces cas de figures de rechercher la raison cachée, la raison émotionnelle. Celle qui demande un effort pour être déterminée et partagée. Elle est difficile à trouver et rares sont ceux qui parviennent à la déterminer chez les autres et à la mettre en avant. Ce sont pourtant ces compétences qui vont faire la différence chez les personnes, ces compétences cachées qui fait que face à une difficulté on pense à cette personne en particulier.

Importance de respecter son écologie

Charlotte n’est pas ma cliente, à ce jour je ne l’ai jamais rencontré et elle n’a pas payé pour notre séance. Aussi, il ne faut surtout pas que moi je paye à sa place ! Comment pourrais-je payer à sa place me diriez-vous ? Tout simplement en me rendant disponible sur mon temps libre au détriment de choses qui comptent pour moi. Ce serait être injuste envers moi-même et créer un déséquilibre dans mon accompagnement. En PNL on parle « d’écologie », cela n’aurait pas été écologique pour moi si j’avais attendu d’arriver chez moi en présence de ma famille et de m’isoler (alors que je ne les avais pas vu toute la journée) pour parler pendant 1 heure avec Charlotte sur sa problématique. Cela n’aurait pas été cool pour mes proches et pas respectueux vis-à-vis de moi-même et de mes clients qui eux payent pour cela. En d’autres termes : cela n’aurait pas été écologique.

 

Voilà pour cette anecdote, dites-moi en commentaire ce que cela vous inspire.

Au plaisir de vous lire !

Ahmed

 

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Ahmed

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